GSY PREVIEW | X360, PS3, PC Mardi 6 décembre 2011 | 14:00

Aperçu : The Darkness II

Aperçu : The Darkness II

Sorti de l'ombre en 2007, l'adaptation vidéo-ludique du comics The Darkness proposait une expérience viscérale aux confins de la douleur que peut provoquer la perte de l'être cher. Une soif de vengeance que Jackie Estacado avait vu décuplée par l'appétit vorace de l'entité qui s'était installée en lui. Une atmosphère des plus sombres donc, que le studio Starbreeze (Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena) avait su brillamment mettre au service d'un jeu réussi. Presque cinq ans plus tard, The Darkness II arrive enfin et le développeur suédois cède la place à Digital Extremes, le studio canadien à qui l'on doit déjà Dark Sector et qui avait également travaillé sur Bioshock 2. Après environ deux heures de jeu, Gamersyde vous livre ses impressions sur ce titre attendu pour le 10 février prochain.




À cœur ouvert

On ne plaisante pas avec Jackie Estacado. Pas même un peu. Aussi, quand celui-ci se voit attaqué sur son propre territoire, alors même qu'il est sur le point de dîner en tête à tête avec deux charmantes jeunes femmes, il ne tarde pas à voir rouge. Rouge comme les hectolitres de sang que ses malheureuses victimes ne tarderont pas à déverser quand le Darkness aura refait surface. Une détermination farouche qui pousse le jeune mafieux à plonger au cœur du problème, au sens propre évidemment. Enfin, propre façon de parler, tant la violence se conjugue à tous les temps de l'esprit vindicatif qui l'anime.

Plus que jamais, quand il s'agit de faire cracher ses tripes à ses adversaires, Jackie ne lésine pas sur les moyens : démembrements, décapitations, dégustations de cœurs encore chauds, autant de façons de semer la mort, le Darkness veillant au grain. Une représentation très graphique de la violence donc, pas le moins du monde atténuée par la touche "cel-shadée" qui rappelle plus que jamais la filiation avec l’œuvre d'origine. Un parti pris qui s'explique par le sentiment jubilatoire que l 'on peut prendre lorsque l'on répand le chaos. Un plaisir presque coupable qui renvoie aux premiers émois ressentis sur des jeux comme Barbarian, Moonstone, ou encore, Mortal Kombat.



La maniabilité de The Darkness II se veut assez intuitive, même si elle requiert tout de même l'utilisation de toutes les touches de la manette. Chaque bras du Darkness est contrôlé indépendamment avec Rb/R1 (pour frapper ennemis et sources lumineuses) et Lb/L1 (pour attraper objets ou malfrats et les jeter/dépecer selon l'envie). Les deux gâchettes (RT/R2 et LT/L2) permettent quant à elles d'utiliser les diverses armes à feu que Jackie peut récupérer au sein des niveaux. Précisons à ce sujet que le jeu propose de nouveau une aide à la visée, et si elle est sans doute moins pénible que celle de l'épisode précédent, elle n'en reste pas moins un peu agaçante. Un petit creux ? La touche X/Carré donne lieu à la sympathique dégustation de cœur nécessaire à la montée en puissance du pouvoir du héros.

Car en effet, un peu à la manière d'un RPG, Jackie dispose d'un arbre de compétences qui lui donne la possibilité d'améliorer divers attributs (vision nocturne, meilleure efficacité des armes, création de trous noirs, etc). Une toute puissance qui demande cependant à son possesseur d'éviter soigneusement les sources lumineuses, ou de les détruire tout simplement. Il est en effet possible de casser toutes les ampoules sans protection, ou encore de se débarrasser des générateurs électriques qui alimentent certains projecteurs. Rien de particulièrement neuf à ce niveau pour les habitués du premier épisode, mais il est bon de préciser que les tentacules du Darkness ne semblent plus pouvoir s'allonger pour se déplacer à même le sol.

Autre élément de gameplay, le Darkling fait son retour, mais il est cette fois seul. Ce petit être facétieux rappelant ses lointains cousins Gremlins vous prêtera main forte en s'attaquant à vos adversaires sans ménagement. Si par le passé, il était possible de lui donner des ordres simples, il est désormais totalement autonome. Seule exception, les phases où le joueur en prend directement le contrôle, quand par exemple, une porte protégée par un puissant rayon lumineux oblige la créature à passer par les conduits d'aération pour s'infiltrer derrière les lignes ennemies. Dans le passage de la démo présentée, on pouvait profiter de cette phase de pseudo-infiltration sympathique pour écouter les commentaires amusants du Darkling qui ne se gênait pas non plus pour entonner un petit air entraînant.



Mafia Blues

Plus encore que par son gameplay (perfectible il est vrai, même à l'époque), c'est par son atmosphère glauque et quasi dépressive que le premier Darkness avait marqué les joueurs. Une plongée dans les ténèbres qui n'hésitait pas à mettre en scène des séquences choc (comme l'assassinat de Jenny pour n'en citer qu'une) profondément marquantes. Comment oublier également cette soirée TV passée en compagnie de Jenny, amie d'enfance et âme sœur du héros ? Si nous n'avons clairement pas pu en voir assez pour l'affirmer haut et fort, le même soin à la narration semble bel et bien avoir été appliqué à cette suite. La séquence d'ouverture qui voit Jackie arriver dans un restaurant en vue subjective alors que les personnes attablées le saluent au passage en est un exemple. La voix du crooner américain qui résonne dans les hauts parleurs de l'établissement renvoie d'ailleurs immédiatement aux grands films de gangsters.

Quelques instants plus tard, c'est face aux deux fringantes jeunes femmes mentionnées plus haut que Jackie prend place à sa table. À peine le temps de flirter gentiment que l'une d'entre elle voit son crâne transpercé par une balle. Une seconde plus tard, un véhicule vient fracasser la devanture du restaurant emportant avec elle la table du héros et les deux corps sans vie de ses accompagnatrices. Une vision d'horreur, tant la surprise et la douleur sont véritablement gravées sur leurs traits ensanglantés. Jackie s'en tire à peine mieux puisque sa jambe droite ne ressemble plus qu'à une soupe aux moignons. S'en suit alors une pénible traversée du restaurant où Jackie, traîné par son fidèle bras droit, couvre leur fuite à grand renfort de plomb. Une mise en bouche efficace qui a l'avantage de donner le ton dès les premières secondes.



Autre exemple du soin apporté à l'atmosphère, cette séquence où Jackie se retrouve crucifié à une planche par les membres de la Confrérie qui cherchent à récupérer le pouvoir du Darkness. Une séquence qui tend d'ailleurs à prouver que le joueur sera amené à faire des choix, même si l'on ne peut vous en dire plus. Le scénario du jeu entraînera bien sûr le joueur dans des zones tout aussi peu fréquentables que dans le premier opus, comme en atteste le niveau que nous avons pu découvrir dans un bordel peu ragoûtant. On vous laisse imaginer l'ambiance qui s'en dégage et les répliques qu'on peut y entendre, tenus que nous sommes à ne pas trop en dévoiler sur ce passage. Il suffit de dire que The Darkness II n'est clairement pas destiné à un public pur et innocent, et encore moins à ceux qui ont le cauchemar facile si l'on en juge par les visions/apparitions qui assaillent le héros régulièrement.

Le jeu des acteurs (en anglais) est évidemment pour beaucoup dans le réalisme des différentes scènes présentées, et même si l'on regrette que le timbre si particulier de Kirk Acevedo ne soit plus de la partie pour donner vie au jeune Estacado, difficile de trouver à redire quant au travail de son remplaçant. De même, impossible de ne pas frémir au son de la performance vocale de l’indispensable Mike - Faith No More – Patton, toujours aussi crédible en démon assoiffé de sang. Une ambiance sonore des plus réussies, donc, et qui semble bien annoncer un épisode tout aussi soigné que le précédent. Sachant que le scénariste de la BD a mis la main à la pâte pour créer une aventure totalement originale, nous n'en attendions pas moins.



The Hells have eyes

Quatre paires d'yeux pour être exact. Mais de quoi parle t-il donc allez-vous me dire ? Eh bien, de ce qui finit toujours par compléter n'importe quel titre actuel, qu'il soit ou non axé sur une expérience solo forte : le multijoueur. J'en vois déjà frémir là bas au fond, les souvenirs du mode en ligne plus qu’anecdotique du premier épisode n'étant pas un gage de qualité. Sans doute conscients des lacunes de ce dernier, Digital Extremes a choisi d'aborder les choses différemment pour ne pas risquer de trahir l'univers et l'esprit de la campagne solo. Pour ce faire, il fallait donc commencer par oublier toute envie de proposer un mode compétitif. D'une part, le jeu lui-même s'y prêtait peu, et ensuite, il semblait bien dangereux d'aller titiller les ténors du genre sur leur terrain.

Autrement dit, place à un mode coopératif scénarisé permettant à quatre joueurs de prolonger l'expérience, mais dans un esprit un peu plus délirant. Deux heures de jeu supplémentaires (que l'on peut multiplier par le nombre de personnages pour ceux qui se plaisent à expérimenter des gameplays différents) qui donneront lieu à des affrontements entre quatre personnages hauts en couleurs et les membres de la Confrérie : un asiatique adepte du sabre (Inugami), une jeune femme membre des forces spéciales (Shoshanna), un Écossais en kilt armé d'une hache (Jimmy Wilson), et enfin un prêtre vaudou (le Docteur J. P. DuMond). Si le déroulement du scénario ne changera à priori pas en fonction du personnage choisi (chacun ayant tout de même son background et ses raisons d'en vouloir à la Confrérie), l'utilisation de son arme propre (des armes alimentées par l'essence du Darkness et que le joueur pourra améliorer avec l'expérience gagnée) et de pouvoirs spécifiques donne une approche potentiellement variée des situations.

Dans la pratique, si l'on se garde bien de se forger un avis définitif, c'est la partie du jeu qui nous a semblé la moins aboutie du point de vue ludique. Pas que l'ensemble soit désagréable en soi, car, comme en atteste le trailer si dessous, le potentiel est là, mais disons que nous n'y avons pas retrouvé le même plaisir que dans le mode solo. Le feeling de la hache, puisque c'est bien sûr vers l’Écossais que notre choix s'est tourné, nous a par exemple semblé un peu moyen. Il s'agit en effet d'une arme de lancer, mais celle-ci demande qu'on la "rappelle" en appuyant de nouveau sur la gâchette gauche. Un effet boomerang qui serait sans doute plus efficace s'il pouvait être automatique, la visée n'étant pas toujours des plus aisées (contrairement aux armes à feu, aucune aide n'est disponible pour les armes de jet à priori). Bien sûr, tout cela est peut-être à mettre sur le compte de notre manque de pratique. Autre grief, les niveaux semblent s’enchaîner sans réelle passion, construits sur le même schéma, et si les exécutions gores sont indéniablement amusantes, il faudra un peu plus de surprises pour maintenir l'intérêt sur le plus long terme.



Premières impressions


Soyons honnêtes, avec la déferlante de gros titres qui s'annonce pour l'année prochaine, on ne peut pas dire que The Darkness II fasse l'objet d'une fervente attente. Pourtant, fort de ces quelques heures passées au côté de Jackie Estacado, il nous faut avouer que le jeu s'annonce sous les meilleurs auspices. Graphiquement, l'effet bande dessinée n'enlève rien à la noirceur de l'univers et s'il ne fera clairement pas partie des jeux les plus impressionnants de 2012 du point de vue technique, le titre de Digital Extremes s'en sort plutôt bien. L'expérience solo semble prometteuse et suffisamment engageante pour convaincre les amateurs du premier volet. Reste à voir si elle sera suffisamment marquante pour mériter que l'on s'y attarde véritablement. Côté multi, le choix d'opter pour un mode coopératif est plutôt judicieux, mais pour être en mesure de séduire le plus grand nombre, il lui faudra tout de même proposer des situations plus variées et originales que celles qui nous ont été présentées.

Trailer Vendettas

Tous les commentaires

Commentaire du 06/12/2011 à 14:35:56
J'avais bien accroché au premier malgré ses défauts. C'est plutôt prometteur tout ça donc. En tout cas ça donne envie de s'y essayer.
Commentaire du 06/12/2011 à 16:07:09
Yes merci Driftwood je garde un très bon souvenir du premier et le 2 semble aussi encourageant donc j'ai bien l'intention de le faire.
Commentaire du 06/12/2011 à 19:37:56
Itou, merci GSY pour cette alléchante mise en bouche !

Bien aimé le premier aussi, surtout ce sentiment de puissance que dégageait Estacado un fois ses tentacules déployées ! Il est certain que je jouerai à cette suite. Et +1000 pour proposer de la coop plutôt que du VS, c'est un très bon point.
Commentaire du 07/12/2011 à 01:39:57
J'étais sceptique, mais cette preview m'a plutôt rassuré ! Encore un titre à choper en début d'année ! ^^
Commentaire du 07/12/2011 à 16:13:31
Le premier était trés sympa, j'attends celui ci.
Commentaire du 08/12/2011 à 16:09:06
Merci pour la preview. J'ai hâte de mettre la main dessus.
Je suis plutôt enthousiaste sur le côté cell shading pour ma part.

J'espère juste que j'aurais le temps de finir un 1er run à Skyrim avant d'entamer la (longue) liste des jeux en suspend.

A propos du jeu


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    Yohmi La direction artistique est particulière, de là à dire que c'est moche, vraiment pas. J'aime pas Zelda, j'y jouerai pas, mais le style est très sympa je trouve. (il y a 1 Heure)
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