GSY REVIEW | X360, PS3, PC, PS4, Xbox One Lundi 24 août 2015 | 09:00

GSY Review : The Phantom Pain

GSY Review : The Phantom Pain

Metal Gear Solid V: The Phantom Pain, que les fans attendent fébrilement depuis ce qui paraît être une décennie, pointe enfin le bout de son nez. Maintenant que nous l'avons terminé, vous allez enfin savoir si l'ultime épisode de cette saga vaut réellement sont pesant de cacahuètes. Dans le souci de préserver l'innocence des curieux et autres retardataires qui n'auraient toujours pas terminé Ground Zeroes (honte à eux), cette review est volontairement exempte de tout élément scénaristique et garantie sans spoiler. De plus, nous ne reviendrons pas sur certains éléments déjà évoqués dans notre preview, un bon complément consultable ici.




Nous souhaitions débuter par un point sur les conditions pas toujours idéales dans lesquelles nous avons testé The Phantom Pain. Aucune copie n'ayant été envoyée aux rédactions, c'est de nouveau chez Konami France que les sessions de jeu se sont déroulées. À l'instar de la preview, nous avons été encore une fois chaleureusement accueillis, notre salle ayant été entièrement décorée pour l'occasion. Un filet de camouflage suspendu au plafond orné de fausses lianes, des copeaux de bois recouvrant la moquette d'usage en fausse pelouse, quelques répliques de fusils ici et là, ainsi que des caisses de munitions et autres douilles éparpillées ; autant vous dire que l'ambiance y était. On se serait cru dans un véritable petit campement militaire au beau milieu de la jungle, la chaleur caniculaire de ce début août parisien aidant à l'immersion. Ce qui était un peu moins appréciable, c'est le délai qui nous a été accordé. Six journées au total (en incluant les 2 jours de preview) pour un titre au contenu aussi gargantuesque, autant vous dire d'entrée que nous avons été contraints de pas mal rusher l'aventure sur les premiers jours pour nous assurer d'en voir le bout, même si au final nous avons pu en découvrir suffisamment pour vous donner un verdict fiable. L'autre désagrément est venu de nos builds qui plantaient systématiquement à la fin d'une mission passé la moitié de la quête principale. Nous remercions au passage l'équipe de Konami présente, qui a fait tout son possible pour régler ces soucis dans les plus brefs délais ; mais notez que nous avons, ainsi que nos confrères présents, perdu nos avancées respectives pour repartir sur une sauvegarde commune, avec un développement de la Mother Base moins avancé et certaines quêtes secondaires - non rejouables - déjà terminées. Ceci étant dit, revenons au sujet qui nous intéresse, le dernier né des studios Kojima Productions.



Le double effet Kojima

Comme nous vous en avions déjà fait part lors de notre preview en Juin, The Phantom Pain démarre sur les chapeaux de roues avec un prologue étourdissant faisant suite aux événements aperçus à la fin de Ground Zeroes. Soyons honnêtes, la redescente une fois ce chapitre terminé est brutale et longue, fichtrement longue. En effet, s'en suit une succession de missions classiques pas vraiment scénarisées au déroulement similaire, avec en arrière plan l'objectif omniprésent d'améliorer la Mother Base. Heureusement que le plaisir de jeu est constant, car ces missions principales peuvent s'enchaîner des heures durant avant qu'un passage plus scénarisé ne daigne se montrer. Nous sommes donc aux antipodes de ce que proposait MGS4 avec son déroulement linéaire scripté et ses cinématiques abondantes. Les fans ne seront cependant pas totalement dépaysés, puisque TPP reprend le même schéma qu'un certain Peace Walker. Cependant, même en sachant cela, la structure narrative semble très décousue et les cinématiques qui se montrent de temps à autre ne révèlent que des bribes d'histoire qui n'ont a priori aucune corrélation entre elles, aucun fil conducteur. C'est franchement déconcertant, surtout lorsque l'on réalise que notre compteur affiche déjà plusieurs dizaines d'heures de jeu. On se laisse finalement bercer par ce fantastique gameplay (sur lequel nous reviendrons plus loin) aux possibilités folles, et l'on finit par accepter que l'équipe de développeurs a certainement préféré se focaliser sur ce point, peut-être par manque de moyens ? Mais que nenni, alors que nous nous habituons à ce rythme particulier, les cut-scenes se font petit à petit moins timides. La patience semble être une vertu payante, des connexions s'établissent, on ne comprend certes pas tout, mais les choses commencent à bouger. On s'arrête entre deux missions et l'on se surprend à aller à la pêche aux indices afin de reconstituer certains éléments, tel un détective, en décortiquant notamment la profusion de cassettes audio que nous avions jusqu'à présent délaissées.

Ce n'est pas une surprise, puisque tout comme dans Ground Zeroes, elles éclaircissent beaucoup de zones sombres au point de ne pas du tout être optionnelles pour certaines. De plus, écouter ne serait-ce que les dires d'un rescapé ou les conversations entre recrues en se promenant sur la base peut aussi apporter son lot d'informations. Puis, le génie de Kojima a fini par refaire surface, tel un phénix. C'est alors que l'on a assisté à divers événements cruciaux cédant la place à un moment clé qui nous aura laissé stupéfaits. À cet instant, les émotions se bousculent, partagés que nous sommes entre excitation, étonnement et déception. The Phantom Pain est facilement comparable à un grand huit émotionnel, avec cette montée terriblement lente qui finit par déboucher sur un enchaînement de descentes, de virages et de loopings qui vous chamboulent complètement. Tout en étant persuadés qu'il manque encore une pierre à l'édifice, nous avons gentiment repris nos esprits avant de continuer, car il nous restait encore beaucoup à faire. On termine alors la poignée de missions principales en suspend, on se laisse tenter par quelques quêtes secondaires - dont certaines sont importantes et scénarisées - on creuse tout en cherchant des réponses. On s'essaye même à quelques missions spéciales qui consistent à rejouer des missions principales sous certaines conditions, comme par exemple, l'interdiction stricte de se faire repérer ou de déclencher une alarme, certains gadgets n'étant plus autorisés. Puis, chemin faisant, c'est sans prévenir, et par un déclencheur difficile à déterminer, que de nouvelles missions décisives finissent par poindre le bout de leur nez de façon presque inespérée. Nous ne pouvons pas vous en dire beaucoup plus, mais pour clore cette présentation, sachez juste que passé la déception causée par cette narration lente et à priori décousue, vous pourriez malgré cela finir par prendre une jolie petite claque. C'est ce que nous appellerons le deuxième effet Kojima.



Koji, Koji, et vos idées ont du génie...

En dépit de cette structure narrative, s'il y a bien une chose qui mettra tout le monde d'accord, c'est la souplesse de ce gameplay habilement remanié et la richesse hallucinante de possibilités qui nous est offerte. Il y a tellement de façons d'aborder une situation - en fonction des gadgets équipés, des armes employées, des compagnons, ainsi que d'autres facteurs comme l'heure de la journée, les effets climatiques, les rondes aléatoires des gardes, voire même la faune locale - qu'il ne nous paraît pas indécent de rebaptiser la licence en "Sand Box Tactical Espionnage Action". On se surprend pourtant à user des mêmes stratagèmes au fil des missions, tellement le jeu vidéo moderne nous a conditionné avec des mécaniques souvent redondantes. Au diable les habitudes, ici, on vous propose un bac à sable où vous pouvez tenter de nouvelles approches, laisser libre cours à votre imagination, sans nécessairement vous cantonner aux habituelles fléchettes tranquillisantes ou aux armes à silencieux.

Voici à titre d'exemple, le genre de déboires qui nous est arrivé lors d'une mission. Nous voulions infiltrer un campement sans nous faire repérer. Alors que nous étions à couvert dans un petit baraquement en ruine, notre personnage heurta malencontreusement un objet au sol alertant les deux soldats qui patrouillaient non loin. Il était trop tard pour fuir, et il n'y avait que deux issues possibles. Il nous a semblé judicieux d'attendre leur venue et de simplement les contourner au dernier moment par la sortie opposée. Mais changement de programme, les bougres semblaient décidés à arriver chacun d'un côté. Il nous fallait réfléchir, et vite. Ni une ni deux, nous avons donc jeté un chargeur vide par l'entrée de gauche pour faire diversion. Maladroits que nous sommes et dans la précipitation, nous ne l'avons pas lancé suffisamment loin, l'attention du garde était bien attirée, mais ce dernier s'arrêta bien trop proche de nous pour être contourné discrètement. Le second était sur le point de franchir l'autre entrée, aussi, dans un dernier geste désespéré, nous avons eu le réflexe de nous cacher dans une boîte en carton, accessoire cher à la série. Bien vu, mais le soldat avait probablement eu le temps de nous voir bouger et semblait suspecter quelque chose. Il continuait de se rapprocher et pour ne rien arranger, son équipier avait lui aussi décidé de rappliquer. La situation semblait totalement désespérée quand, dans un éclair de génie, nous avons ordonné à notre chien-loup DD, resté quelques mètres en arrière, d'aboyer. Sauvés, les gardes étaient dorénavant plus intéressés par les aboiements incessants que par un simple carton. Bien entendu, nous aurions pu employer bien d'autres méthodes, nous précipiter sur l'un pour l'utiliser comme bouclier humain et profiter du mode réflexe pour endormir l'autre. Ou lâcher un fumigène avant de nous équiper de nos lunettes thermiques et ainsi éliminer froidement les deux zigotos aveuglés. Ou bien même utiliser un leurre gonflable à notre effigie. Ce qui est vraiment plaisant ici, c'est cette part d'imprévisible mêlée aux multiples possibilités qui sont à notre disposition.



Nous avons déjà évoqué la jouabilité plus souple et plus riche que dans n'importe quel autre opus (Ground Zeroes y compris, qui fait bien pâle figure en comparaison), ce qui n'empêche en aucun cas sa relative accessibilité. Il n'est effectivement pas nécessaire d'être un pro de l'infiltration pour s'en sortir. La majeure partie du temps, il est même possible de choisir une approche bien plus musclée si cela vous chante. Un groupe équipé d'une tourelle vous barre la route, demandez un appui aérien dévastateur. Un tank gênant pose problème, faites-vous livrer un bon vieux lance-roquettes. Avouons-le, nous avons terminé certains passages dans un beau bain de sang. Il faut certes faire une croix sur l'obtention du rang S le cas échéant, mais au final, tout le monde peut s'en sortir et continuer d'avancer, quitte à rejouer plus tard les missions dont vous n'êtes pas très fier, tout en profitant éventuellement d'un meilleur équipement. Et si malgré vos piètres compétences en discrétion vous souhaitiez cependant persister dans cette voie, le jeu vous proposera, après une série d'échecs, une splendide cagoule-poulet qui possède l'attribut d'annuler la suspicion d'un opposant à 3 reprises. Quant à la poignée de missions qui semblent injustement difficiles (et compte tenu du fait que le jeu ne possède pas de choix de difficulté), il suffit parfois tout bêtement de changer de méthode pour parvenir à ses fins. Reste un léger manque d'explications sur certains points, comme le système de voyage rapide avec ses factures à collecter, qui ne nous a jamais été expliqué en cours de partie. Rien de gênant au point de freiner notre avancée cependant.

Petit point sur les conditions climatiques qui offrent généralement une aide précieuse. Si les intenses tempêtes de sable du désert Afghan aident à passer inaperçu à l'aide de vos précieuses lunettes de vison thermique, les violents orages Africains camoufleront les bruits de pas et le son des armes. L'occasion idéale d'économiser les précieux silencieux à l'utilisation limitée. Sachez cependant qu'il n'est pas impossible que vous, ou l'une des cibles que vous deviez protéger, mouriez tout bonnement foudroyés, entraînant l'échec soudain de la mission. Certains aspects de customisation sont présents, comme l'emblème (Diamond Dogs à l’origine) entièrement personnalisable et composé de quatre couches ajustables - un peu à la manière d'un vinyle sur Forza - dont bon nombre d'éléments sont déblocables au gré de vos exploits. De même, si le orange vif de la Mother Base ne vous sied pas, vous pourrez sans problème opter pour un autre coloris, pareillement pour vos véhicules. Quant à l'intérieur de l'hélicoptère de déploiement, il se garnit au fil de l'aventure de photos et autres décorations plus ou moins subtiles. Nous n'étions par contre pas en mesure de nous essayer aux différents modes multijoueur de Metal Gear Online, étant aux dernières nouvelles légèrement décalé par rapport à la sortie du jeu, tout comme ce fut le cas pour un certain GTA Online. Même chose pour le mode FOB (Base Opérationnelle Avancée) consistant à infiltrer une zone - développée spécialement pour l'occasion - de la Mother Base d'autres joueurs, et qui devrait ajouter un peu de piment à une aventure déjà bien consistante.



Fox et Rookie

Feature qui ne fait pas toujours l'unanimité sur les forums, la gestion de la Mother Base n'a pourtant rien d'effrayant. Tout est simplement gérable via le iDroid à n'importe quel moment, et pas besoin d'être un fin stratège, chacune des étapes se fait très naturellement en jouant. Par exemple, pour le recrutement de nouvelles têtes, il est souvent plus prudent d'extraire un soldat assommé à l'aide d'un Fulton que de le laisser dans la nature. Par la suite, vous serez même en mesure de distinguer les meilleurs individus à l'aide de vos jumelles. Chaque soldat dispose d'un grade et parfois d'une spécialisation qui augmenteront en fonction de vos points d'héroïsme. Les plus perfectionnistes répartiront leurs hommes au cas par cas en fonction des compétences, mais sachez qu'il est possible de les dispatcher de manière automatisée. Ces recrues pourront être affectées à des missions d'expédition qui leur sont propres, souvent pour récolter des ressources ou d'autres soldats, mais également dans le but d'apporter une aide indirecte. En choisissant par exemple, le sabotage d'une usine à casques, vous rencontrerez moins d'ennemis casqués une fois cette tâche accomplie. Cela peut s'avérer fort utile lorsque l'on sait que la majorité des armes basiques ne sont pas suffisamment puissantes pour les traverser d'une seule balle. Par ailleurs, il est possible d'incarner l'un de ces soldats en mission, ce qui peut s'avérer intéressant avec un haut gradé possédant des statistiques supérieures à celles du Big Boss.

Le décrié ballon Fulton peut, une fois amélioré, extraire des cargaisons bien plus lourdes comme des véhicules ou des containers. Son emploi, bien qu'optionnel, devient vite addictif. Il faut tout de même rester vigilant avec les badauds trop proches qui pourraient le détecter, donner l'alerte, voire tirer dessus. Toute utilisation est par ailleurs facturée, à l'instar du moindre armement ou gadget déployé en mission, mais les tarifs restent amplement abordables comparé à ce que l'on gagne au fil du temps. Les ressources peuvent aussi être collectées directement sur le terrain, que ce soit en mission ou en exploration libre, et sont aisément détectables grâce au mode sonar de la prothèse bionique émettant un magnifique bruitage tout droit sorti de la série "L'homme qui valait 3 milliards" à chaque utilisation. Pour le développement des divers modules, il suffit d'attendre d'avoir les matériaux nécessaires. Chacun de ces modules aura un rôle distinct, accueillir plus de monde, soigner les éventuels blessés, permettre l'amélioration et le développement de son équipement, ou obtenir un meilleur soutien. Tous sont visitables et reliés au centre de la base par une passerelle interminable qu'il est pénible de traverser même en Jeep.



Heureusement, ils sont équipés d'héliports ainsi que d'un système de voyage rapide. L'honneur est sauf, sachant que les plus curieux y trouveront quelques clins d'œil et secrets bien gardés. Un Zoo peut même être aménagé une fois suffisamment d’espèces animales capturées. En effet, si les séquences Monster Hunter de Peace Walker ne sont plus présentes, elles sont en partie remplacées par la protection de la faune locale, une quête tout à fait facultative mais pas inintéressante. Chaque animal sécurisé sera grassement rémunéré, allant du simple hérisson au légendaire ours brun. Leur capture est plus ou moins délicate, les plus petits spécimens pouvant être directement ramassés, les autres devant être extraits. Parmi les nombreux équipements développés au fil de l'avancée, des cages spécialement conçues pour ces captures sont déblocables, ce qui s'avère bien pratique pour ne plus gaspiller de précieux tranquillisants. Du point de vue de l'équipement, il y a de quoi faire et, une fois encore, les adeptes de Peace Walker seront en terrain connu.

De l'armement en passant par les accessoires, tenues et autres gadgets, chaque catégorie contient plusieurs modèles avec moult déclinaisons. Il serait bien trop long de tout énumérer mais sachez qu'il y en a pour tous les goûts, du plus petit pistolet au plus gros lance-grenades. Même la prothèse multifonction de Big Boss peut être modifiée en un véritable "rocket punch" téléguidé qui fera la joie des fans de Goldorak. Il en va de même pour vos compagnons qui possèdent chacun différents équipements et améliorations. Abordons justement ces compagnons en commençant par le D-Horse. En plus de sa traditionnelle fonction de monture, le canasson peut déféquer sur demande. Certains diront qu'il s'agit là d'une idée saugrenue de plus, mais cela pourrait s'avérer concrètement utile ; on vous laisse le soin de le découvrir par vous-même. D-Dog, le fidèle chien-loup, a notamment la capacité de repérer les lieux, bien commode pour localiser des cibles et autres ressources pas toujours visibles. Le D-Walker, petit mecha bipède qui en plus d'octroyer des déplacements rapides plus discrets qu'avec un véhicule standard (mais en contrepartie moins maniables), peut être lourdement armé et peut aussi servir à transporter un prisonnier blessé. Enfin, Quiet, la redoutable sniper, est capable de nettoyer un campement ennemi à elle seule, à condition de l'avoir convenablement positionnée au préalable. Si vous ne l'équipez pas d'un silencieux, elle pourra servir d'appât et ainsi vous laisser le champ libre. Attention néanmoins, tous sont vulnérables et seront automatiquement extraits en cas de dégâts répétés. L'IA s'en sort généralement bien d'elle-même mais pourrait subir les conséquences de vos ordres les moins raisonnables. Sachez que l'emploi répété d'un compagnon augmente votre affinité avec lui, ce qui aura pour effet de débloquer de nouveaux ordres bien utiles dans les situations les plus périlleuses - ainsi qu'une petite saynète une fois le maximum atteint. Enfin, si à chaque déploiement il est demandé de sélectionner un équipement, un compagnon ainsi qu'un éventuel véhicule, il est tout à fait envisageable, voire recommandé, d'en changer une fois la mission en cours en fonction de vos besoins.



Mais t’as le guide solide au moins ?

Sur le plan technique, le constat est positif et reste sensiblement le même que lors de la preview, l’occasion de préciser que nos versions n'étaient pas définitives. Le Fox Engine s'en sort avec les honneurs, en prenant en compte l'étendue des zones, la qualité des éclairages avec son cycle horaire dynamique, un aspect visuel propre et une excellente distance d'affichage, tournant dans un 60fps/1080p des plus stables sur cette version PS4. Certes, on peut chipoter sur les petits inconvénients habituels que sont l'aliasing, le pop-in de certains éléments, quelques textures moins fines ainsi que l'apparition tardive des ombres et leur définition pas toujours très nette, mais rien de suffisamment importun pour venir perturber nos déambulations. Les deux principales zones que sont l'Afghanistan et l'Afrique sont joliment représentées avec des lieux variés, comme des ruines, des grottes, des mines, des bases militaires, et l'on passe d'un hôpital délabré à un manoir en pleine jungle, en passant par des laboratoires ou un cimetière naval. Et malgré une certaine sensation de vide ressentie de prime abord due à la relative immensité des zones, le level design s'avère particulièrement bien pensé et agréable à parcourir en définitive. L'IA fait également bien le job dans la majorité des cas, et les réactions variables peuvent parfois même surprendre dans le bon sens. Hormis une fâcheuse tendance à ne pas détecter Snake lorsqu'il est à plat ventre - même équipé d'un mauvais camouflage - elle reste difficile à prendre en défaut comme nous l'avions déjà ressenti lors de notre première prise en main.

Le type d'ennemis rencontré ne se cantonne d'ailleurs pas au soldat classique, et il faudra aussi compter sur quelques surprises que nous tairons et qui remettront en question vos habitudes. La modélisation des personnages est d'excellente facture, aussi bien en ce qui concerne les corps que les visages, avec un tout petit bémol pour le rendu de barbe toujours un peu grossier de notre héros. Les cinématiques permettent d'en profiter, et bien que moins présentes, elles conservent leur mise scène magistrale digne des films Hollywoodiens si chère à la série. La synchronisation labiale, par ailleurs, est assez saisissante lorsque l'on y prête attention et l'on ressent bien le travail accompli grâce à la capture faciale. Côté sonore, la bande son qui a tendance à se faire discrète si on ne met jamais son précieux Walkman à contribution, est néanmoins de haute volée. Elle est en effet composée de chansons originales somptueuses dont le Sins of The Father interprété par Donna Burke, mais aussi de tubes d'artistes 80's de renom tels, David Bowie, Kim Wilde, a-ha, Pat Benabar, Toto, Bruce Springsteen, Phil Collins, The Clash ou INXS pour ne citer qu'eux. Le doublage anglais est également impeccable et l'on finit même par s'habituer à la nouvelle voix d'un Snake somme toute peu bavard, qui au lieu de l'habituel David Hayter est doublé depuis Ground Zeroes par Keifer Sutherland - le Jack Bauer de la série 24, entre autres. En parlant de série, chaque mission jouée se présente tel un épisode, avec un problématique générique en début de mission qui a la fâcheuse tendance à révéler tous les personnages qui y seront présents. Gros troll ou simple maladresse, difficile à dire. Mais nous aimerions bien voir ce souci corrigé pour la sortie.

Aussi détaillée soit cette review, il est difficile de parler de tout tellement ce MGS est riche et complet. Nous-mêmes avons la désagréable sensation d'avoir à peine effleuré certains aspects. Une chose est sûre, si une quarantaine d'heures peut suffire pour voir le dénouement de l'aventure, il faudra beaucoup plus de temps pour découvrir toutes les révélations et tous les secrets enfouis çà et là. Avec ses 50 missions principales (dont 14 sont des redites en mode "hardcore"), ses plus de 150 missions secondaires (dont une dizaine primordiales), sans oublier ses nombreuses heures d’écoute audio réparties sur plus de 120 journaux, le menu est gargantuesque. Et c'est sans parler des à-côtés, dont divers collectibles comme les plans donnant accès à de nouveaux équipements, ou les fameuses cassettes de musique qui traînent dans les postes de radio ; les complétistes vont en avoir largement pour leurs deniers. Pour conclure, nous insistons sur le fait qu'il est important de bien comprendre que The Phantom Pain n'a pas été conçu pour être parcouru en ligne droite sans se soucier du reste. Vous passeriez à côté de la véritable expérience qu'Hideo Kojima a réussi à insuffler à son dernier chef-d'œuvre en date.



Verdict


Avec Metal Gear Solid V: The Phantom Pain, Hideo Kojima nous livre un véritable monument enfoui dans la terre qu'il faudra, tel un archéologue armé de ses outils, prendre le temps de révéler avant d'en admirer toute la splendeur. Les joueurs plus investis ainsi que les fans aguerris seront certainement ravis de découvrir pas à pas cette intrigue et ses nombreux à-côtés qui ne sont pas sans rappeler Peace Walker. Les autres passeront sans doute complètement à côté de son scénario, mais conserveront l'accès à un titre d’action/infiltration exceptionnel, au gameplay chiadé et doté d'une pléthore de possibilités comme rarement vu auparavant dans un jeu du genre. Nous ne sommes pas en mesure de clamer s'il s'agit du meilleur opus de la saga - et ce n'est probablement pas le cas - mais une chose est sûre, Kojima achève son oeuvre de fort belle manière et peut s'en aller la tête haute.


Les plus


+ Un prologue haletant
+ Gameplay et possibilités au top du genre
+ Techniquement propre et solide
+ Des passages marquants
+ Grosse durée de vie, particulièrement pour les complétistes
+ Bande son, entre chansons originales et morceaux 80's cultes
+ Complet, riche, varié, un véritable bac à sable d'action/infiltration
+ Une galerie de personnages charismatiques et attachants
+ Les cinématiques et leur mise en scène
+ Des compagnons bien utiles
+ Pas mal de fan service
+ La Mother Base bien intégrée et finalement peu contraignante
+ Le comportement ennemi, et leur variété à laquelle il faut s'adapter
+ Les cachotteries de Kojima, les plus curieux auront quelques surprises
+ Demande un bon investissement pour finalement révéler toute sa superbe


Les moins


- Le néophyte va certainement passer à côté de beaucoup de choses
- Structure narrative particulièrement longue à se mettre en place
- Des missions principales futiles, des secondaires essentielles, c'est le dawa
- Les missions extrêmes qui se mélangent aux missions principales
- Le générique en début de mission qui dévoile les personnages, consternant
- Manque d’explications/tutoriels sur certains points
- Pourquoi les plateformes de la Mother Base sont si éloignées ?
- Demande un bon investissement pour finalement révéler toute sa superbe...

Tous les commentaires

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Commentaire du 24/08/2015 à 09:59:38
Un grand merci Guts_o pour cette impressionnante review, très détaillée (même si tout les aspects n'ont pas pu être traité !) qui m'a permis d'avoir une bonne idée du potentiel de ce nouvel opus MGS. Sans doute que trouver un équilibre entre mission scénarisée et une libre exploration des lieux par tous les moyens mis à disposition par le jeu doit être un véritable enfer pour les développeurs mais heureusement Kojima est là !
Quoiqu'il en soit c'est encore heureux qu'il y est des jeux qui permettent aux joueurs les plus curieux, les plus patients, les plus créatifs de prendre véritablement le contrôle et de façonner leur propre expérience de jeu en fonction de leur envie...c'est une chose extrêmement rare aujourd'hui.
Merci GSY !
Commentaire du 24/08/2015 à 10:08:49
"Demande un bon investissement pour finalement révéler toute sa superbe"
En terme de temps ou d'argent via les micro-transactions ?
Commentaire du 24/08/2015 à 10:19:50 En réponse à Hanbei
De temps évidemment, lis l'article. ;)
Commentaire du 24/08/2015 à 10:24:28 En réponse à Driftwood
Je crois bien que c'était un troll. :D
Commentaire du 24/08/2015 à 10:29:06 En réponse à xdr
Posté par xdr
Je crois bien que c'était un troll. :D
Ne pas lire l'article et poser une question ? Clairement oui. :p
Commentaire du 24/08/2015 à 10:33:44
Enorme cette review!
Bon je suis dans la merde, Gears/Until/MG, où trouver le temps???
Commentaire du 24/08/2015 à 10:48:40 En réponse à Blackninja
Et Mad Max, t'y pense à Mad Max? :D
Commentaire du 24/08/2015 à 10:50:28 En réponse à xdr
Non, j'ai pas aimé le film, et le dernier Batou dont il prend le système de combat m'a ennuyé au plus haut point.
Commentaire du 24/08/2015 à 10:51:48
Excellent.
Merci.
Reste à savoir sur quelle console je le fais. Et à attendre votre review de Until Dawn pour savoir lequel j’achète en premier.
Commentaire du 24/08/2015 à 10:52:04
Fichtre, ça a l'air assez exceptionnel à vous lire.
Commentaire du 24/08/2015 à 11:02:50 En réponse à nzem
Posté par nzem
Excellent.
Merci.
Reste à savoir sur quelle console je le fais. Et à attendre votre review de Until Dawn pour savoir lequel j’achète en premier.
Il n'y aura pas de review pour UD, je dois encore aller chercher le jeu à la Poste où il m'attend depuis la semaine dernière...
Commentaire du 24/08/2015 à 11:04:13 En réponse à Driftwood
Sacrilège!
Commentaire du 24/08/2015 à 11:06:13
Salut ! J'aimerais savoir si le jeu possède bien moins de cinématique qu'avant ou si vu la longueur du jeu , il y en a autant voir plus qu'un MGS 3 par exemple ?

Merci !

Sinon test qui me rassure totalement :D
Commentaire du 24/08/2015 à 11:09:24 En réponse à Blackninja
Posté par Blackninja
Sacrilège!
Ouais mais en même temps, avoir trois jeux (+ la review de MGS à valider) pour aujourd'hui quand tu reviens de vacances hier soir, c'est un peu compliqué.
Commentaire du 24/08/2015 à 11:23:01 En réponse à Driftwood
Pop pop, fallait me l'envoyer!^^
Commentaire du 24/08/2015 à 11:24:04 En réponse à Blackninja
J'étais pas en vacances moi :p
Commentaire du 24/08/2015 à 11:38:32 En réponse à RoiPourpre
Posté par RoiPourpre
Salut ! J'aimerais savoir si le jeu possède bien moins de cinématique qu'avant ou si vu la longueur du jeu , il y en a autant voir plus qu'un MGS 3 par exemple ?
Elles sont effectivement bien moins nombreuses, on passe clairement plus de temps à jouer qu'à regarder.
Commentaire du 24/08/2015 à 12:04:52
C'est quand même dommage qu'autant de changements - a priori majoritairement positifs - dans une formule qui était devenue la caricature d'elle-même dans le quatrième opus coïncide avec le départ de son créateur... Hâte de m'y essayer en tout cas !
Commentaire du 24/08/2015 à 12:34:13
Je passe mon tour car j'avais pas aimé ground zeroes.
Commentaire du 24/08/2015 à 12:57:28
Review bien complète même si le jeu est bourré d'â coté que vous n'avez pas eu le temps d'exploiter, ça fait quand même envie ... Je n'avais pas accroché à Peace Walker en ce qui me concerne, avec un système axé RPG et un esprit de game design du coup très différent de ce qui faisait MGS. Ca a l'air de reprendre le même schéma en moins casse tête a priori, et un scénar' encore une fois très retrait même s'il révèle quelques surprises Kid Liquid ? et je m'interroge sur l’ascenseur émotionnel dont vous parlez, qui est un peu contradictoire avec une structure narrative décousue, si on est vaguement prit dedans, ça risque de nous en toucher une faire bouger l'autre... (le symptôme des jeux sandbox).

Bref, on verra, je me suis pris une nouvelle CG, et le jeu est vendu avec, j'espère ne pas être déçu. (Vu les possibilités, ça m'étonnerait).

Des DLC de prévus ?
Commentaire du 24/08/2015 à 13:39:55
Hm, moi qui pensais attendre quelques temps pour l'acheter, n'ayant toujours pas fini the Witcher ni Batman (sur lequel j'ai du jouer 2h par manque de temps), je me sens presque obligé de l'acheter après avoir lu l'article :)
Commentaire du 24/08/2015 à 13:54:34 En réponse à Orfeo
Posté par Orfeo
Des DLC de prévus ?
Il y aura certainement des armes et autres tenues bonus via des DLC. Par contre, je ne pense pas qu'il faille attendre plus de contenu lié au scénario, ni de nouvelles zones à explorer.
Commentaire du 24/08/2015 à 14:01:56
Merci pour cette superbe review qui en dit suffisamment sur ce qu'un ancien attend d'un MGS (c'est-à-dire du gameplay riche et faire mu muse advitam, avec l'IA et les gadgets) et sans spoiler l'histoire! :)
Ground zéro m'a bien plu, n'ayant pas touché de MGS depuis Son of Liberty ! X) , cette review sur Phantom Pain m'a définitivement convaincu !
mais alors que déjà Witcher me bouffe le peu de temps que j'ai, je sais pas comme je vais faire avec celui-ci ? sans parler de Fallout qui arrive ! c'est ça devenir vieux !?? monde de merde ! XD
... Je compatis YukiNosai ;
Commentaire du 24/08/2015 à 14:33:11 En réponse à YukiNoSai
Tu peux totalement éviter les topic MGSV et attendre que 1: le jeu baisse et 2: avoir fini ton Batman et Witcher. :p

Perso c'est ce que je vais faire. J'avais fait MGS4 environ 2 ans après la sortie du jeu, et je m'étais jamais fait spoiler car j'évitais méticuleusement les topics dédier et les forums de teubés (genre jv.com ou gamezob). :)

Donc on peux attendre! Et pourtant je suis un gros gros fan de MGS, j'adore cette licence.
Commentaire du 24/08/2015 à 14:57:11 En réponse à xdr
Hm le seul moyen serait que j'évite les grandes surfaces et que je fasse mes course au drive uniquement. J'ai un côté acheteur compulsif, si j'le croise en rayon ou en tête de gondole je ne vais pas savoir me contrôler, comme pour batman... Puis j'ai un bon d'achat de 10 euros non valable sur l'alimentaire, ça me ferait une bonne occasion de m'en servir ^^

Je vais essayer de laisser passer les jours et me nourrir d'éventuelles vidéos tests et autres GK Live histoire d'avoir ma dose pour quelques semaines ! Je viens de voir la vidéo sur Gameblog et, même si je ne suis pas du tout fan du Mr de la vidéo, ça s'annonce vraiment bon.
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