GSY Preview PS3

Devant l'avalanche GTA V de cette semaine, il était ô combien risqué de s'aventurer à parler d'autre chose en une de Gamersyde. Pourtant, ayant eu l'occasion de parcourir les trois premiers chapitres de l'intriguant rain, il nous était impossible de passer sous silence cette nouvelle exclusivité PS3 à venir le 2 octobre prochain. Marquant, le jeu des studios japonais de Sony Computer Entertainment ne demande donc qu'à être découvert, vous laissant la lourde responsabilité de faire de cet article un invisible parmi les autres, ou au contraire, un immanquable à savourer jusqu'à la sortie de notre review d'ici moins de 15 jours.


Un gars et une fille

Loin des rues animées et colorées de Los Santos, le monde de rain nous plonge dans un univers mélancolique où la solitude est tout aussi prégnante que la pluie qui tombe drue sur le paysage citadin du jeu. Le jeune garçon rêveur que le joueur incarne déambule donc dans les rues désertes, à la recherche de réponses et d'un peu de compagnie. Il faut avouer que sa situation est plutôt singulière dans un monde aussi cartésien que le nôtre. L'enfant vient en effet de découvrir qu'il est devenu totalement invisible au regard des autres, les gouttes de pluie étant les seules à pouvoir trahir sa présence en laissant apparaître sa frêle silhouette. Une situation d'autant plus terrifiante qu'il se retrouve face à des menaces totalement inconnues du monde réel qui le pourchassent sans relâche. Apparitions fantomatiques à la morphologie très animale, ces êtres agressifs aux attaques mortelles souffrent du même mal que lui, invisibles qu'ils sont tant que la pluie ne révèle pas leur présence. Pour une raison qu'il ignore, le voilà donc traqué par ces créatures inquiétantes, qui suivent également à la trace une petite fille au destin apparemment similaire au sien. Le jeune garçon se lance donc littéralement sur les traces de la fillette, espérant enfin comprendre ce qui lui est arrivé. Avant cela, il lui faudra cependant parvenir à la rattraper et à la sauver des griffes de l'Inconnu.

Cela n'aura sans doute échappé à personne, le spectre de l'inoubliable Ico hante beaucoup l'imaginaire de cette aventure concoctée par les talentueux artistes de Sony Japon et du studio Acquire. Certaines séquences rappelleront aussi à certains le trop mésestimé Papo & Yo, qui affichait également un certain lien de parenté avec le jeu de Fumito Ueda. La présence du duo, l'absence de parole, la menace régulière et les nombreux passages où la seule issue est la fuite, tout participe à cette filiation idéologique d'un jeu où la narration parvient à prendre le joueur à la gorge tout en s'effaçant pourtant au maximum. De simples lignes de texte qui apparaissent au hasard du décor suffisent en effet à créer un récit suffisamment puissant pour que l'on s'y plonge, la bande son apportant la touche de piano finale à un ensemble délicieusement poétique. S'il est encore tôt pour savoir si l'on parviendra à retrouver la dynamique attachante du duo Ico/Yorda, la fragilité des deux protagonistes de rain est tellement bien retranscrite que l'on ne peut se résoudre à les abandonner à leur triste sort. Sans aucun moyen de défense face au danger, ils devront d'abord s'entraider avant de pouvoir peut-être faire un petit bout de chemin ensemble. Grâce à la grande sobriété de sa mise en scène, rain parvient à dégager une atmosphère intimiste à la fois tendre, triste et inquiétante, faisant de lui un titre envoûtant dès son premier chapitre.


rain Forest, rain!

Courir, se cacher, faire profil bas, pour espérer survivre au monde désemparé de rain, il faudra obligatoirement maîtriser ces trois compétences. En utilisant intelligemment les zones abritées, le jeune héros malgré lui restera totalement invisible à ses adversaires, sa présence ne pouvant être trahie que par ses traces de pas (qui servent de point de repère au joueur et ne peuvent être remarquées par les monstres) ou les éventuels objets qu'il pourrait bousculer sur son passage (chaises, tables, bouts de papier, etc.). Si la plupart des éléments interactifs du décor ne peuvent alerter les créatures inconnues qui rôdent aux alentours, les grosses flaques d'eau seront à aborder avec un peu plus de prudence. En effet, en les traversant au pas de course, le bruit occasionné peut tout à fait attirer l'attention des monstres qui patrouillent les rues. Il est bien évidemment préférable d'éviter de courir dans les zones plus innondées, mais sachez tout de même qu'elles peuvent aussi se révéler bien utiles pour faire diversion et se dégager le passage. Il faut également prendre garde aux flaques d'eau boueuse, qui salissent le jeune garçon et celle qu'il tente de rattraper, les rendant alors visibles aux yeux des prédateurs, et donc totalement vulnérables.

Assez logiquement, tout le gameplay de rain s'articule autour d'un grand jeu de chat et de la souris, où il faut parfois avancer doucement en n'hésitant pas à attendre que les monstres détournent le regard avant de poursuivre son chemin, ou au contraire se lancer dans une course éperdue vers un abri salutaire lorsque l'on est poursuivi sans relâche par l'une des créatures. Toutes ne semblent cependant pas faire preuve de malveillance à l'égard de l'enfant et continuent donc de vaquer à leurs occupations. On pense en particulier aux gigantesques quadrupèdes, sortes de mélange entre l'éléphant et la girafe, qui fournissent une cachette idéale pour avancer à découvert tout en restant invisible. En effet, leur corps arrêtant les inlassables gouttes de pluie, il devient alors possible de progresser à leur rythme sans jamais se faire repérer. En plus des porches et autres toits ou intérieurs de bâtiments, des casiers fournissent aussi des cachettes de fortune dès le troisième chapitre du jeu. Les héros de Metal Gear Solid et plus récemment Outlast ayant prouvé leur perfectible efficacité, il faudra cependant ne pas toujours s'y croire sain et sauf, sous peine de passer de vie à trépas en quelques secondes.

Car la mort existe bel et bien dans rain, où le moindre coup porté sur le jeune héros est fatal. Même une simple chute peut s'avérer mortelle, une fin plutôt rare dans les trois premiers chapitres, la plateforme n'occupant pas une place prépondérante dans le gameplay. On avance, on escalade et on descend, mais la plupart du temps, des barrières - invisibles elles aussi - empêchent le faux pas d'arriver et en cela, le jeu s'éloigne de l'expérience proposée par Ico. Sans aller jusqu'à opter pour des mécaniques de gameplay aussi minimalistes que celles de Journey, rain semble avant tout pensé pour ne pas trop frustrer le joueur (même lorsque la mort frappe, les checkpoints réguliers rendent la progression aisée - au début du moins) et lui permettre de vivre l'histoire à laquelle il prend part. On imagine donc plutôt une progression assez fluide, même s'il faut très probablement s'attendre à des situations un peu plus complexes dans la suite de l'aventure. Malgré cette apparente simplicité du gameplay, impossible de ne pas ressentir la terreur du jeune garçon lorsqu'il est est sur le point d'être rattrapé par l'imposant bipède qui se pose en Némésis insatiable. On tremble donc à chacune de ses apparitions, la bande originale n'ayant même pas à se parer de sonorités plus rythmées pour accentuer l'angoisse de la fuite.


rain beau

Nous n'avons certes pas encore pu voir grand chose de l'univers de rain, mais ces premiers pas sont parvenus à nous séduire grâce à une esthétique et une direction artistique de haut niveau. On retrouve d'abord dans cette ville à l'architecture très européenne un peu de certains RPG japonais qui s'inspiraient du vieux continent. Avec une telle omniprésence de la pluie, il fallait absolument en soigner le rendu et c'est heureusement de fort belle manière que l'élément liquide est retranscrit ici. D'une part, cela confère au jeu toute sa mélancolie, mais cela lui donne également une aura bien particulière. En créant un monde de l'invisible peuplé de créatures belliqueuses, SCE Japan nous montre que l'irréel et l'étrange sont aussi dangereux qu'hypnotisants. Les angles de caméra soigneusement choisis soutiennent d'ailleurs tout le travail porté sur l'ambiance, sans que jamais la jouabilité ne soit prise en défaut. Voilà donc une fois de plus la preuve que toute puissante qu'une console puisse être, la maîtrise d'une œuvre ne se mesure pas uniquement dans le nombre de polygones affichés. Beau, rain l'est sans aucun doute, à sa manière, et sans forcément éblouir par sa technique. Culotté, il l'est tout autant, pour avoir eu le courage de faire disparaître son personnage principal et d'en faire un élément clef du gameplay.

Tout aussi importante que sa plastique, l'ambiance sonore de rain prend le risque de ne pas suivre les schémas classiques qui veulent que la musique doit forcément retranscrire le même sentiment d'urgence que ce qui se déroule à l'écran. Nous en parlions déjà plus haut, mais tout le savoir-faire du studio a été de ne pas briser la ligne mélodique générale du jeu pendant les séquences plus stressantes. Cela crée alors un contraste assez saisissant entre le calme des accords de piano et l'urgence de la situation. Si l'influence européenne se fait clairement sentir dans le design des bâtiments de la ville, on la retrouve également dans la participation musicale qui n'hésite pas à faire appel aux accordéons et aux violons et violoncelles pour accompagner les arpèges du piano. Mais la musique sait également se faire discrète pour céder la place aux bruitages d'ambiance, laissant le joueur suivre les battements de la pluie tombant avec la régularité d'un métronome, à peine perturbée par les grognements inquiétants de l'Inconnu. Elle disparait parfois tout d'un coup au détour d'une ruelle pour reprendre un peu plus loin et donner plus de poids à un décor ou une scène particulière. Mélangeant les sonorités tristes et émouvantes avec des couleurs plus sombres, l'habillage sonore est donc pour beaucoup dans l'immersion, et on l'appréciera d'autant plus en découvrant le jeu au casque.


Premières impressions


Sous le charme de rain et son univers, nous attendons sans doute pour la première fois dans notre vie le retour d'une nuit pluvieuse qui nous permettra de découvrir le reste des aventures de ce duo d'invisibles pourchassés par de bien étranges créatures. S'annonçant comme un titre plutôt simple par ses mécaniques, mais ne privant cependant pas le joueur maladroit du plaisir de l'échec, rain pourrait bien être la symbiose parfaite entre un Ico et un Journey et, plus étonnant encore, le premier jeu d'infiltration à vocation narrative et poétique. Une poésie que l'on retrouve jusque dans le calme et l’apaisement de la bande son de Yugo Kanno, qui n'a pas hésité à ajouter une partie vocale très touchante au Clair de Lune de Debussy - qui sert de thème principal du jeu. Mais avant de savoir si le jeu de SCE Japan mérite bel et bien une pluie de louanges, il faudra encore faire preuve d'un peu de patience. On vous donne donc rendez-vous le premier octobre prochain pour notre verdict final.

3 images

  • Gamersyde Preview : rain - 3 images
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sukilechat
sukilechat
Commentaire du 17/09/2013 à 11:55:54
J'ai vraiment hâte, encore une belle preview signée Driftwood.
Y a t-il toujours Clair de lune de Debussy dans le jeu ?
En réponse à
Driftwood - Dictateur en chef
Driftwood
Commentaire du 17/09/2013 à 11:56:23 En réponse à sukilechat
Euh...
En réponse à
GTB - Acapello
GTB
Commentaire du 17/09/2013 à 12:04:59 En réponse à Driftwood
Faut avouer que c'est pas clair dans l'article- huhu-. Rah celui-là dès je peux je chope sur PS4!
En réponse à
sukilechat
sukilechat
Commentaire du 17/09/2013 à 12:05:13 En réponse à Driftwood
Posté par Driftwood
Euh...
Dans une bande annonce du jeu, il me semble avoir entendu cette musique et comme je l'adore ...
oups ! j'ai oublié de lire la fin de l'article ! I'm so sorry !
En réponse à
cryoakira
cryoakira
Commentaire du 17/09/2013 à 16:39:22
Très hâte d'y jouer. C'est fou le nombre de jeux digitaux prometteurs sur les mois qui viennent.
En réponse à
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