On poursuit notre couverture maison de la semaine avec une review pour Chtulhu: The Cosmic Abyss, qui sort plus tard dans la journée sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S, et que l'on doit à Big Bad Wolf, créateurs de The Council et de Vampire: The Masquerade - Swansong. Compte tenu de la situation compliquée dans laquelle se trouvent les studios qui travaillent pour Nacon, on espère que vous nous accorderez quelques minutes de votre temps pour lire notre verdict et jeter un œil à notre vidéo de présentation.
Heureusement, un sonar, que vous pourrez régler sur différentes fréquences, vous aidera à ne rien manquer, à condition de ne pas oublier d’y avoir recours. En découvrant des objets ou des substances diverses, vous débloquerez donc le moyen d'en repérer d'autres du même genre par la suite, en les mettant en évidence à l'écran tout autour de vous. Certaines associations de plusieurs fréquences étant parfois nécessaires pour trouver les bons indices, cela demande un peu de réflexion pour que cela fonctionne correctement. Une mécanique essentielle qui peut s’apparenter à une forme de guidage, mais qui ne vous sera clairement pas de trop. Ainsi, on vous recommande chaudement d’en abuser afin de repérer des détails qui auraient pu vous échapper, comme par exemple un sol fragile, qui peut révéler un accès caché. Pour obtenir de nouvelles fréquences, il faudra généralement analyser ce qui vous tombe sous la main, attention donc à bien choisir ce dans quoi vous allez dépenser vos points (le jeu vous indique heureusement quand un indice est mineur). C'est une boucle de gameplay qui fonctionne plutôt bien, mais cela implique un rythme lent qui ne siéra qu’aux joueurs patients qui apprécient les jeux d’enquête. Tous les chapitres ne disposent cependant pas de cette mécanique de “choix de résolution”, mais comme tout est toujours indiqué clairement sur ce plan, cela évite un stress inutile. Nous avons d’ailleurs remarqué que les quelques passages où une seule possibilité existe pour progresser s'avèrent un peu moins rudes pour les nerfs. Pour autant, soyons clairs, The Cosmic Abyss ne fait jamais peur. Il raconte des événements tragiques survenus à l'équipe de chercheurs dont on suit les traces, il dispose d’une ambiance (réussie) assez étrange et pesante parfois, mais il n’est jamais effrayant. Certains pourront le regretter évidemment, mais pour qui a déjà joué à un jeu d’aventure dans l'univers de Cthulhu, cela ne sera pas une surprise. Et c'est sans doute d'ailleurs là que le bât blesse le plus finalement, The Cosmic Abyss n’a rien de très surprenant. On revisite une fois de plus le même mythe de Cthulhu que l'on connaît si bien, avec ses personnages qui sombrent dans la folie, ses tentacules, ses grottes et autres lieux enfouis dans les profondeurs, et si “l’effet doudou” est indéniable pour les amateurs de ce pan précis du travail de Lovecraft, il n’est clairement pas très original. L’intrigue a beau se dérouler dans le futur, alors que le changement climatique bouleverse notre planète, le jeu n'en tire finalement rien qui puisse vraiment le différencier de ces prédécesseurs sur ce point... Il y a bien plusieurs passages aquatiques, rendus possibles grâce à la combinaison du héros, et ce sont d’ailleurs des séquences que nous avons particulièrement appréciées, tant visuellement que par l’atmosphère qu’elles dégagent, ainsi que la présence du sonar évidemment, mais c'est à peu près tout ce qui nous rappelle que l’on ne se trouve pas au dix-neuvième siècle, ou au dans la première moitié du vingtième - au contraire d'un Call of the Sea par exemple.
L’histoire suit l'enquête de Noah qui, après avoir perdu la trace de son mentor, va partir à sa recherche dans une base sous-marine construite par un milliardaire de renom à des fins scientifiques. Accompagné d’une intelligence artificielle (le dernier élément vraiment futuriste du jeu), il ne sera donc pas totalement seul dans sa lente descente aux enfers, et les échanges entre les deux personnages sont d’ailleurs plutôt réussis. Le doublage en anglais est de qualité et cela permet de s’immerger (sans jeu de mots) dans l’univers très rapidement. Il y a donc une histoire un peu plus personnelle derrière celle de ce groupe de scientifiques disparus, mais Noah va se retrouver impliqué dans une quête bien plus primordiale, ce qui va l'amener à sauver le monde (ou non). Même si tout n'est pas parfait, Big Bad Wolf nous livre ici son titre le plus abouti, aussi bien techniquement que mécaniquement. Pourtant, il nous faut préciser que nous avons dû subir les quelques désagréments parfois réservés à la presse. S'il est toujours appréciable de recevoir les jeux bien en amont de leur sortie, ils ne nous arrivent pas toujours dans leur version finale. Vous ne devriez heureusement pas rencontrer les problèmes que nous avons croisés, la mise à jour Day One étant arrivée il y a déjà plus d’une semaine, après que nous ayons terminé l'aventure. Le jeu ne disposant pas de sauvegarde manuelle, vous serez par exemple soulagés de savoir que le bug qui touchait parfois l'enregistrement automatique de la progression a été totalement corrigé, tout comme d’autres soucis liés à certaines options de jeu. De notre côté, nous n’avons cependant pas trop souffert de ces aléas, sauf vers la toute fin du jeu, et cela n’aura finalement pas altéré notre intérêt pour The Cosmic Abyss. Et c’est la raison pour laquelle nous évoquons tout ceci, pour souligner le fait que Big Bad Wolf aura vraiment travaillé jusqu’au bout à la finition du jeu. Or, si vous avez un minimum suivi l’actualité récente, compte tenu de la situation de redressement judiciaire dans laquelle Nacon, Big Ben Interactive et leurs studios se trouvent, cela ne doit pas être simple pour les équipes. D’autant que les quelques déclarations des employés de Spiders et Kylotonn ne laissent aucun doute sur la piètre gestion de l’éditeur en ce qui concerne tous les projets de ces dernières années. The Cosmic Abyss n’est, on l'a dit, pas parfait, mais il est parvenu à nous décrocher du gouffre de temps qu’est Crimson Desert pendant une quinzaine d’heures, ce qui n’est pas rien.
Nous le disions, ce nouveau jeu du studio français est clairement très au-dessus de leurs deux précédentes productions en termes de visuels. Le prologue du jeu déçoit certes un petit peu sur ce plan, mais le reste de l'aventure se rattrape largement, et il faut souligner le bond en avant qui a pu être fait sur la modélisation des quelques visages par rapport à leur précédent jeu en 2022, Vampire: The Masquerade - Swansong pour ne pas le nommer. L’ambiance sonore n'est pas en reste, tout comme le doublage (en anglais uniquement), et cela confère au titre une ambiance très réussie. Notre seul vrai grief contre le jeu tient finalement à la seule dernière énigme, trop alambiquée à notre goût. Non seulement il n’est déjà pas simple de comprendre ce que l’on attend de nous, mais la mise en œuvre nous a paru assez frustrante. Il est bien sûr normal que la dernière énigme soit plus exigeante que toutes les autres, mais dans l’état actuel des choses, il manque (au minimum) une information permettant de savoir que l’on a réussi la manipulation demandée avant de devoir rejoindre la salle où l'on doit activer le dernier mécanisme. Un détail peut-être, d’autant que vous pourrez forcément vous aider d’Internet pour contourner le problème, mais cette dernière énigme nous a tout de même valu quelques frustrations. Ce n'est heureusement pas suffisant pour vous déconseiller de tenter l'aventure, qui nous semble faire partie des bonnes pioches du catalogue éclectique de Nacon. Si vous appréciez les jeux d'enquête et que vous n'avez pas encore fait une indigestion à force de consommer des histoires basées sur le mythe de Cthulhu, on vous encourage à vous y intéresser et à vous essayer à la démo, toujours disponible sur PC. Si nécessaire, vous pouvez également vous diriger vers le Gamersyde Offline disponible ci-dessous pour voir le jeu en action et nous écouter plus en détail sur son contenu.